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PIERO DELLA FRANCESCA -LA FLAGELLATION DU CHRIST |
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BIOGRAPHIE DE PIERO DELLA FRANCESCA "Piero naquit à Borgo San Sepulcro [...] et fut appelé della Francesca, du nom de sa mère qui, enceinte de lui à la mort de son père, l'éleva et lui permit d'arriver au rang que sa bonne fortune lui réservait.
Dans sa jeunesse, il s'adonna
aux mathématiques et bien que, dès l'âge de 15 ans, il fut orienté vers la
peinture, il ne les négligea jamais. Faisant
des progrès merveilleux en cette science et en cet art, il fut employé par
Guidobaldo Feltro, l'ancien duc d'Urbino, pour lequel il fit quantité de
tableaux très beaux [...]. Il acquit ainsi à la cour d'Urbino crédit et réputation
[...]. Il fut appelé à Ferrare par le duc Borso, dans le palais duquel il orna
plusieurs salles. Il se rendit ensuite à Rome à la requête du pape Nicolas V
[...]. Piero mettait beaucoup d'ardeur dans ses recherches théoriques. Il s'appliqua à l'étude de la perspective et eut une profonde connaissance d'Euclide."
Inspiré par sa
croyance dans la perfection géométrique comme fondement de la création
divine, Piero a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude des formes géométriques
et des significations mystiques des nombres. Il est l'auteur d'un Traité
de perspective et d'un Traité
d'arithmétique et de géométrie. Dans son œuvre, le génie mathématique est sensible dans l'harmonie des formes et la cohérence de la construction de ses perspectives. Pour lui, la conception d'une représentation est synonyme de mesure, d'harmonieuses proportions, tout doit être défini en fonction de cette règle, des pavements géométriques à la figure humaine. Dans son tableau La flagellation , les proportions et les dimensions des éléments architecturaux ont une signification symbolique : avec la lumière, elles reflètent l'ordre divin des choses En
1445, les Frères de la Miséricorde lui confient la réalisation d'un
polyptyque, une Vierge
de Miséricorde, pour l'autel de leur confrérie. Vers 1450, il voyage à
Ferrare, Venise puis Rimini où il peint en 1451 le portrait de Sigismond
Malatesta ainsi que la fresque de Saint sigismond. "Monarque de la peinture", Piero retourne vivre ses dernières annes dans sa ville natale de Borgo San Sepulcro. Il y est frappée par la plus terrible infirmité qui soit pour un peintre : la cécité. De nombreuses années plus tard, un vieillard racontait à l'écrivain Berto degli Alberti que, quand il était enfant, il menait par la main "Maître Piero della Francesca, peintre excellent, qui était aveugle". Piero mourut le 12 octobre 1492, l'année où le vieux monde découvrait le nouveau. |
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Cette œuvre constitue un remarquable exercice de perspective, science encore nouvelle au XVème siècle. Piero della Francesca s'est inspiré du "Traité de la peinture" d'Alberti (1435) et des principes de la perspective linéaire établis par Brunelleschi. Ici, l'artiste place ses personnages dans un espace déterminé par une rigoureuse construction en perspective rythmée par les colonnes, les architraves et le carrelage du sol. Les différentes lignes constituent un réseau harmonique où chaque dimension découle l'une de l'autre, ce qui permet de construire un univers mathématiquement idéal. Le schéma suivant met en évidence la construction géométrique de l'espace avec la perspective qui converge vers un point de fuite situé sur l'axe central, entre les deux groupes. Tout le tableau s'organise à partir de ce point central situé sur la ligne d'horizon (HH') : La taille du Christ (17,8cm) règle les positions et les proportions de toutes les parties du tableau. Piero basait ses proportions , un pour dix, sur la taille alors supposée du Christ : 1,78m, dictée par une relique célèbre, une colonne antique du cloître de Saint-Jean-de-Latran à Rome, que l'on croyait être "mesure" du fils de Dieu. La
récurrence du 8: Les
huit figures
de La Flagellation sont en relation étroite
avec leur environnement architectural. Leur nombre –8- trouve un écho dans
l'ensemble de la composition : huit
pavés de terre cuite pour chacun des grands éléments du pavement; huit
branches pour les étoiles du même pavement devant et derrière le Christ et une
composition octogonale pour les pavés qui les entourent ; huit
marches
aperçues dans l'encadrement d'une porte sur la gauche. La place où se trouvent
les trois personnage du premier plan équivaut à huit
pavés en profondeur jusqu'à une ligne d'ombre, tandis que les huit
autres pavés inondés de lumière conduisent au mur du fond. Tout cela ne donne
qu'une faible idée de la subtilité et de la complexité du tableau. Autre préoccupation des artistes de la Renaissance, l'utilisation du "nombre d'or",proportion idéale mise en évidence par les Grecs anciens, ici reconnaissable à la présence de "rectangles d'or" (1) dans lesquels s'inscrivent chacun des deux chacun des deux groupes de personnages. (1) Rectangle d'or = un rectangle dont le rapport longueur/largeur est égal à 1,618 ) La lumière est traitée avec une extrême précision. L'espace extérieur reçoit un éclairage du soleil venant de gauche (certains ont même calculé le jour et l'heure), alors que la scène de la flagellation est éclairée par une puissante et mystérieuse source de lumière, venant du haut et de la droite, cachée derrière un des chapiteaux. Celle-ci, particulièrement visible sur le flanc droit du Christ, semble avoir une origine divine. Cette répartition de la lumière chasse toutes les zones d'ombres et fait régner sur la scène un climat inquiétant et énigmatique. Une troisième lumière baigne le troisième espace. Il pourrait s'agir de la lumière solaire provenant d'une terrasse surplombant la loggia. |
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L'iconographie de l'oeuvre est une énigme. Piero della Francesca juxtapose deux scènes situées à des époques différentes: un épisode le l'évangile et une scène contemporaine. Si la description ne semble pas poser de problème, plusieurs interprétations du tableau ont été données: Selon une tradition qui remonte à la fin du 16ème, le groupe du premier plan représenterait le jeune comte d'Urbino entouré de ses deux conseillers, tandis que l'épisode de la Passion du christ ferait allusion au destin tragique du prince, assassiné en 1444 lors d'une insurrection populaire. Mais des critiques contemporains ont fait remarquer que ce qui se passe dans le prétoire de Pilate convient peu à la commémoration d'une tragédie dynastique locale : Pilate porte le chapeau pointu et les chaussures pourpres d'un empereur byzantin, et le personnage vu de dos, qui semble commander la flagellation, est habillé à la turque. On s'oriente désormais vers un lien entre La Flagellation et les événements de politique internationale du milieu du XVème siècle. Métaphore de l'Église flagellée: Les souffrances du Christ feraient allusion à la prise de Constantinople par les turcs en 1453 et au martyre de l'Église orthodoxe sous l'Islam. L'image de Pilate-empereur byzantin signifierait un jugement négatif sur l'Église d'Orient, schismatique, hostile à Rome et incapable de s'opposer aux ennemis du Christ. La présence du trio au premier plan pourrait alors être comprise comme un projet d'alliance entre les puissances chrétiennes pour la croisade contre les Turcs.
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a) Réalisez une biographie synthétique de Piero della Francesca, en montrant qu'il est représente parfaitement "un artiste de la Renaissance" (groupe 1) b) Réalisez un "calque" du tableau mettant en valeur le travail de mathématicien effectué dans la réalisation de l'oeuvre. (groupe 2) c) Faites une synthèse des différentes interprétations de l'oeuvre (groupe 1) |